4’200 KM

Quand le monde part à la dérive
Guidé par le chant des baleines, le Teatro de Lo Inestable forge un récit polyphonique implacable qui a la puissance des rouleaux marins et la beauté crépusculaire des épopées humaines.
Un cayuco, c’est le nom que porte une petite pirogue de bois en Amérique centrale et dans les Caraïbes. Mais, là-bas, c’est aussi une expression pour désigner la traversée d’une situation difficile. Comme celle à laquelle sont confrontés les 25 passager·ères d’une de ces frêles embarcations partis en quête d’un monde meilleur dans le froid et le silence infini de l’océan. Voué aux caprices des éléments, bercé par le chant amical de gigantesques créatures, le cayuco va ainsi dériver 4’200 kilomètres au fil d’un périple de trois mois. A l’aide de documents compilés par un biologiste marin, une femme tente de retracer les étapes du voyage, tant spirituel que sur les eaux, de l’équipage de migrant·es. Porté par un texte d’une rare densité et s’appuyant sur un ingénieux dispositif, qui fait appel au langage audiovisuel comme à la manipulation d’objets, le spectacle ouvre un espace de réflexion où communient poésie et politique. On se laisse prendre au jeu, cruel, de cette puissante machine à raconter des histoires.
Inspirée d’une histoire vraie, cette dérive tragique vient faire écho à celles d’une époque qui échoue à maintenir à flot les valeurs humanistes. Spectacle de l’insondable, qui oscille entre la légende et le réel, «4’200 km» laisse du sel sur nos peaux et une petite clarté dans nos cœurs.


Informations
Auteur, adaptation
Patricia Cabrera, Andrea Pereda, Arantxa Cortés, Noel Rosas
Comédiens
Victoria MíNGUEZ
Mise en scène
Jacobo PALLARES
Scénographie
Los Reyes del Mambo
Dramaturgie
Jacobo PALLARES
Lumière
Diego SANCHEZ
Son
Juan Andrés Gonzalez
Vidéo
Aurora DIAGO
Administration
Esther Pedrós y Marta Rubio
Durée
80
Entracte
Non

Extrait sonore