Ce qu’il reste à se dire…
Le théâtre a ceci de précieux qu’il permet de reprendre le fil des dialogues interrompus. Comme avec ce texte puissant de Valérie Poirier où il bouscule les temporalités pour mieux mettre à nue les relations d’une fille et de sa mère.
Elle s’appelle Fleur mais la floraison fut difficile et même douloureuse. Les mères, parfois, échouent à faire croître ce qu’elles ont semé. Trop de sentiments tus, d’incompréhension mutuelle, d’occasions manquées. Trop de failles aussi, dans lesquelles s’engouffre le besoin de reconnaissance. Loin de se résigner, Fleur décide de partir en quête de cette mère singulière et bancale qui fut la sienne. Faire de l’absente une présence au monde, c’est entrevoir la possibilité d’une réconciliation. Qu’importe si ce même monde se dérobe et si d’étranges personnages, fantasques et décalés, en hantent la mouvante architecture. Ce n’est pas le lieu qui importe mais de pouvoir reprendre les conversations interrompues, renouer les liens défaits, réinvestir le passé. Et si ce passé semble immuable, le dialogue, lui, peut évoluer en dépit des contraintes qu’imposent les lois de la nature. Dès lors, «Dire adieu», loin d’être une sanction définitive, s’entend comme un possible et consolant rendez-vous.
Si le spectacle s’empare parfois des codes de la tragédie grec, ce ne sont ni Electre ni Orphée qui nous guident dans ce stimulant voyage en territoire inconnu, mais une formidable équipe de comédien·nes auxquel·les le deuil sied à merveille.
Dire adieu
Du Mar. 22 Septembre au Dim. 04 OctobreInformations
Extrait sonore