De et avec Joëlle Fontannaz.
Entre performance physique et construction instinctive, Joëlle Fontannaz installe un chez-soi improbable dans le jardin de l’Orangerie. Avec vaillance et ingéniosité de bouts de ficelle, elle explore les risques, mais aussi le plaisir que l’on peut prendre en ne réfléchissant pas en amont à la planification de nos actions.
Cette figure de reine encombrée semble très déterminée à construire quelque chose sans en connaître le plan. Elle passe impulsivement d’une chose à l’autre, sans logique apparente ; elle s’emballe, s’exalte, s’obstine aussi. Cela peut évoquer une toile d’araignée dont les fils ne seraient pas assemblés, mais semés joyeusement au petit bonheur la chance. Et, petit à petit, l’air de rien, quelque chose se construit sous nos yeux. On se demande si tout va tenir, si tout va tomber… ou si, par un miracle douteusement maîtrisé, ça va devenir du génie. Les objets s’assemblent comme s’ils avaient décidé eux-mêmes de coopérer (ou de résister, selon leur humeur). Et au milieu de ce chaos organisé, une évidence surgit : peut-être que ne pas savoir où l’on va est encore la meilleure façon d’arriver quelque part.
C’est le projet lauréat du concours TO!, dédié à la création jeune public.