Juliette Vernerey, l’ivresse des plateaux

Aussitôt qu’elle parle plateau, Juliette s’illumine… et s’attendrit, tant les racines de cet amour remontent à la petite enfance. C’est un rapport d’artisane à sa matière-outil qui s’exprime et, si elle dit plateau plutôt que scène, c’est peut-être parce qu’en plus d’être metteuse en scène, elle est cette comédienne passionnée pour qui le plateau compte parmi ses plus anciens partenaires. Cet appui où ses membres, sa colonne d’air, sa voix s’emploient à transformer l’espace en poème, ce partenaire grâce auquel elle rencontre tous les autres… Avec sa troupe réunie à l’enseigne de la Cie de l’Impolie, c’est aussi un modus operandi, une méthode de recherche et de création. Générateur de sens et sensations, intensificateur d’existence, lieu des possibles, le plateau a la faveur de Juliette ; «(…) La boîte noire, il suffit de la transformer et ça devient le Grand Nord », dit-elle l’oeil infusé de lumières; la sienne en propre, et celle du dehors qui inonde son appartement douillet de la Chaux-de-Fonds, avec vue plongeante sur le communal de la Sagne et les nuages à hauteur de tempes. Aux portes de l’hiver, une heure précieuse auprès de Juliette et d’une tout autre tendre troupe: William, tout juste 8 semaines, en presqu’apesanteur dans le sommeil profond, Catherine et Christophe, les grands-parents de William et délicieux parents de Juliette.