Le public est convié dans une installation occupant l’intégralité de la grande scène. Au fil des chambres qui se visitent par petits groupes, chacune et chacun s’interroge sur le sens de son existence.
Émouvante, parfois troublante ou espiègle mais jamais morbide, l’expérience de Nachlass (de l’allemand nach, après, et lassen, laisser ; littéralement ce que laisse un·e défunt·e derrière lui/elle) fascine et bouleverse dans le monde entier depuis 2016. Stefan Kaegi (Grand Prix suisse de théâtre 2015), Dominic Huber et leur équipe ont approché pendant deux ans des personnes prévoyant leur décès pour différentes raisons et ont imaginé avec elles à quoi pourrait ressembler un espace qui évoquerait leur souvenir. En ont résulté huit lieux de mémoire, dans lesquels chaque témoin a choisi la place accordée aux hôtes de passage afin de dialoguer avec elles et eux à l’aide d’installations minutieuses et de moyens multimédias. Jamais la frontière entre absence et présence n’a été aussi poreuse. Nullement lugubre, Nachlass est une expérience théâtrale poignante, vibrante et pleine de vie(s), distillant un parfum d’éternité qui invite les visiteur·ses à considérer leur propre existence différemment.