Robert Bouvier – comme l’oiseau sur la branche
Robert Bouvier m’ouvre la porte d’un petit appartement, dans les hauts de Montmartre, à Paris, où il séjourne de temps à autre. Tout y respire l’humanité qui déborde de son sourire généreux, de son regard intense. Une bibliothèque construite de ses mains (la première !). Un tas de classeurs, regroupant des documents de travail pour ses mises en scène. La vie silencieuse des livres, des tableaux, des bibelots, et des plantes grimpantes. « Une petite Bohême », me dit-il.
Il rayonne d’une jeunesse atemporelle, d’une beauté métaphysique, tout se passe comme si pour lui tout commençait. C’est qu’une page se tourne, et que les suivantes ont la blancheur de l’ouverture à tous possibles.
Cette page, ce sont près de vingt-cinq ans de compagnie et de direction du Passage, à Neuchâtel. Une aventure, presque une vie. Mais je ne sens ni nostalgie ni soulagement, pas la moindre amertume, aucun regret, ni de l’avoir fait, ni de ne plus le faire. Des choses vous viennent, et elles s’en vont. Et qui sait ce que la vie vous réserve encore.